Les relations : le modèle des trois verres

Les relations : le modèle des trois verres

Lors d’un passage difficile dans ma vie relationnelle m’est venue la réalisation qu’une relation doit forcément être une entité séparée des deux personnes impliquées, sans quoi l’une ou l’autre des deux personnes – ou les deux – ne font que se vider progressivement de leur essence et vont subir de plein fouet les conséquences néfastes et souffrances tenaces que la fin de la relation va entraîner : un boulet de plus à traîner dans sa vie !

J’ai eu plusieurs fois l’occasion de partager ce modèle, provoquant au moins l’amorce d’une piste de réflexion sérieuse chez mon interlocuteur(trice) et le plus souvent provoquant une prise de conscience immédiate de la valeur de ce modèle dans son application pratique. Je désire donc le partager avec vous, et je serai ravi d’accueillir vos commentaires et d’échanger éventuellement avec vous à ce sujet (voir le lien en fin de texte).

Nous voici donc avec deux personnes qui entrent en relation. Chacune a son verre à elle, qu’elle a rempli de son vécu, de son ego, de son Moi, de tout ce qui la compose instinctivement, émotionnellement et mentalement, et dont elle est consciente du contenu … dans une certaine mesure, du moins. Deux verres entrent en relation …

Le défi des deux personnes sera de créer un troisième verre, la relation, dans lequel elles contribueront un peu d’elles-mêmes mais sans y perdre de leur substance, de leur personnalité, de leur être. Le processus qui mène à une relation réussie consiste à remplir ce troisième verre sans y verser sa substance propre. Bien sûr, ce modèle ne fonctionne pas dans le monde physique : comment pourrais-je remplir un troisième verre entre deux verres pleins sans y verser du contenu provenant de ces deux verres ?! Nous sommes, au contraire, dans le monde de la nature humaine qui a cette merveilleuse capacité de créer du nouveau sans détruire de l’existant.

Voici quelques implications de l’adoption ce modèle dans les relations :
la relation est quelque chose qui se construit à neuf sans nuire à soi ou à l’autre,
la relation devient un lieu de partage plutôt qu’un lieu de lutte et de survie,
la relation devient un lieu de respect des besoins de l’autre et de ses propres besoins,
la relation devient un lieu d’enrichissement de chacun,
la relation peut être évaluée en elle-même sans affecter l’intégrité de l’autre ni de soi.

À vous de jouer : relevez le défi du troisième verre dans vos relations ! Avec votre partenaire et assis face-à-face à une table, placez trois verres entre vous, choisissez chacun votre verre et identifiez le verre « relation » : qu’allez-vous y apporter sans vider votre verre à vous ?

Je serai ravi d’accueillir vos commentaires et aussi d’échanger avec vous à ce sujet : cliquez ici.

P.S. : j’ai retrouvé plus récemment ce concept de la relation séparée des personnes chez Jacques Salomé, ce qu’il appelle dans sa Méthode E.S.P.È.R.E. la « triangulation » dans les relations.

© Michel Mellinger, août 2015